30.06.2008

Idées reçues

Impossible de circuler sur Internet sans tomber nez à nez sur des préjugés douteux. Rien que sur ce blog, entre les blagues de Gérard Crobard et les assertions de Guy Birenbaum, le discernement est un art à lequel bien peu s’essaye. Les clichés ont la cote et on ne sait même plus quand Myblack est réellement raciste ou quand il fait semblant de ne pas l’être.

Si certaines idées reçues ont une légitimité, la plupart défèquent leur lot de balivernes et ne sont que salmigondis.

Je sais pas trop ce que signifie ce mot mais ça m’a l’air bien dégueulasse, en tout cas.

Il est grand temps d’assassiner en plein cœur de leur syntaxe ces stéréotypes pas top, ou du moins les opérer sans anesthésie pour savoir de quoi elles retournent.

 

 

1) Les noirs sentent mauvais              VRAI

 

Après un match de football ou tout autre effort corporel, la transpiration provoque chez l’homme plusieurs odeurs désagréables pour ses contemporains restés propres. Les aisselles – plus communément appelés « dessous de bras » en jargon scientifique – sont ainsi une zone particulièrement sensible, et les noirs n’y font pas exception.

 


2) Les Allemands sont des nazis                   FAUX

 

Avec les beaux jours de l’Europe des 27, les nationalités ont pratiquement disparu de la carte. Tout le monde est européen, unis dans la même culture, la même monnaie. L’Allemagne n’est donc plus qu’une entité étriquée qu’il est difficile de relier à une idéologie telle que le nazisme.

Ainsi, il est faux de dire que les Allemands sont des nazis. Par contre, la phrase « Un certain nombre d’européens sont des nazis » est hautement véridique.

 

 

3) Les gens beaux sont stupides        VRAI

 

Les gens beaux n’ont pas besoin d’être intelligent pour réussir dans la vie : il n’y a qu’à voir les présentateurs de M6 ou les mannequins de la Redoute. Par contre, les métiers indignes et dégradants nécessitant de longues études tels que professeur d’histoire, avocat de Sans Aucun Doute ou politicien de droite sont monopolisés par les moches. De plus Myblack est particulièrement laid. Des signes qui ne trompent pas.

 

 

4) Les asiatiques ont un petit sexe                FAUX

 

Proportionnellement à leur taille, ridiculement concise, les asiatiques ont un sexe parfaitement adapté. Bien sûr, sur un corps d’Américain standard ou de Français lambda il paraîtrait grotesque, mais en Chine ou au Japon il ne choque personne. En tout cas pas les femmes chinoises ou japonaises. Ou alors elles ne l’ont pas encore fait savoir.

 

 

5) Les arabes volent               VRAI

Mais il n’y a pas qu’eux. La plupart des communautés s’adonnent au vol, que ce soit dans la rue ou dans les campings. Moi-même, à l’âge de 11 ans, j’ai volé des bonbons chez un buraliste un peu trop distrait. Et pourtant je ne suis pas arabe. Enfin je crois, vu que les flics m’ont relâché.

 

 

6) Les conducteurs de bus ont une vie sociable   FAUX

 

A part Eric Vergoux, en Haute-Loire. Mais, à ma connaissance, c’est le seul.

 

 

7) On a le droit de se moquer des handicapés          VRAI

 

Il est tout à fait possible de se moquer des handicapés, comme nous avons la permission de nous moquer des non handicapés. Les morts ont également le droit à la critique, de même que les nains, les chauves, les bègues ou les cons. Par contre évitez de jeter des malades en fauteuils roulants en haut d’un escalier en poussant des rires sataniques : c’est un peu trop voyant – et ça dérange les voisins qui aimeraient bien dormir.

 

 

8) Les catholiques ignorent que Dieu n’existe pas VRAI

 

C’est d’ailleurs l’une des raisons qui les poussent à être catholique, outre les draguées et les hosties distribuées lors de la messe. Même si certains catholiques sont des gens bien – oui, c’est de toi dont je parle -, ils sont parfois lassants à croire en des choses inventées à une époque où Internet n’était que spermatozoïde. D’ailleurs, pour beaucoup d’entre eux ce Blog n’existe pas.

 

 

 

 

9) Les filles ne savent pas ce qu’elles veulent   VRAI

 

Les filles ne peuvent prendre une décision sans avoir auparavant changé d’avis une multitude de fois. Les hommes, au contraire, agissent sans réfléchir en se moquant des conséquences, laissant les filles disserter sans fin. Lorsqu’un homme décide de se jeter la tête la première sur un buisson épineux, la femme hésite, se tâte, triture son sac à main. Du coup, la question se pose : si les filles ne savent pas ce qu’elles veulent, est-ce tout simplement parce qu’elles ne veulent rien ?

 

 

 

 

10) Cet article foutra la merde          FAUX

 

Rien de bien polémique là-dedans. Les populations concernées, épargnés par l’article, ne s’en offusqueront pas. A moins qu’une jolie lectrice nazie et arabe avec un petit sexe sentant mauvais sous les bras porte plainte pour diffamation.

28.09.2007

99 francs

 J’ai toujours considéré Jean Dujardin comme un gros con lourdingue qui fait prout sous la douche et Frédéric Beigbeder comme un puceau myope à pellicules prétentieuses ; mais je suis un professionnel et je vais néanmoins effectuer la critique de 99 francs sans partis pris déplacés, en me focalisant simplement sur l’affiche.


99-francs.JPG


Le film semble se dérouler dans un supermarché de la région parisienne, à en juger par la géométrie du carrelage rappelant la ligne B du RER. Le personnage principal, un caddie à une roue, effectue ses courses hebdomadaires au rayon des acteurs bankables. Nous le devinons féminin :

 - Elle est venue seule, fragile et indépendante

- Elle occupe le devant de la scène, égoïste et fanfaronne

 - Elle s’est arrêtée au stand Dujardin, célibataire et coquine

Sans doute a-t-elle craqué sur le jeans court et les lunettes d’étudiant en latin du produit. Ce côté mystérieux qui attire les femmes autour d’un capuccino sans sucre et qui finit, inlassablement, par conquérir leur mont de Vénus. Les hommes à lunettes, outre une intelligence évidente, marient le charme sensuel des latins, la rigueur métaphysique des nordiques et l’énorme kiki des ivoiriens, aussi énorme que le nom en caractères gras de Brice de Nice auréolant le chariot à roulettes.

Autour du caddie des centaines, que dis-je, des milliers de Jean Dujardin en conserve. La bobine tournée vers le spectateur, ils font de l’ombre à l’interprétation de la poussette métallique. Choix logique, après tout : délaissant son caddie majeur pour diviniser la marchandise Dujardin, le réalisateur Jan Kounen conforte ainsi l’angle du film : le diktat de la publicité et de ses produits surfaits. Se voulant critique du milieu publicitaire et de ses attrape-mouches, 99 francs est finalement tombé dans le vide qu’il voulait dénoncer. L’acteur est à la mode : les salles de cinéma sont entrecoupées par son visage. Le loulou est devenu chouchou ; la crotte de nez a pris de l’assurance au point d’éclipser la lune de Jean Reno ou de Clavier, les vedettes de l’avant-siècle. Nous n’irons pas voir 99 francs, mais Jean Dujardin.
Lorsque je fais les courses, j’achète toujours une boîte de petits pois, généralement à l’étuvée. Bonduelle les propose extra-fins dans un excellent rapport qualité/prix ; la marque se prévaut même d’une sélection préalable (selon des critères de tendreté, de souplesse, de gravité, de circularité) à laquelle aucun être humain ne peut décemment résister plus de trois minutes. Facile d’accès, elle a su rester naturelle sans abuser de scènes érotiques avec Elisa Tovati. Le prix est raisonnable et permet plusieurs repas sans se ruiner : les différents formats s’adaptent aux différents heures du jour (matin, midi, goûter, soir) pour former, au rayon conserve, un alléchant présentoir tapissé d’émeraude. Il m’apporte les vitamines B dont j’ai besoin chaque jour pour coller les affiches du Front National sur les volets musulmans des voisins.

Ceux de chez D’Aucy n’appartiennent pas au même monde. La boîte est plus grosse, s’impose sans demander la permission. On se sent attaqué, agressé dans notre chair. Les légumes sont arrogants, travaillent pour Technikart. On aurait aimé plus de chaleur, plus d’introspection autour de nos états d’âmes de consommateurs. C’est cette marque, que j’achète. Je n’ai pas le choix, mon Auchan ne propose qu’elle. Bonduelle a oublié d’y faire sa promotion. Alors je parcoure les dalles macabres en pensant à cette rondeur que je ne retrouve pas chez sa concurrente. « Oui, j’achète des petits pois, et j’espère y trouver l’amour ! », vocifère-je à tue-tête devant ces D’Aucy froides et glacées, bravant le mépris des passantes inconscientes qui choisissent ces légumes bankable. Le manège dure depuis des années, lentement mon corps s’est déshydraté à force de le combattre stérilement. Ils m’épient – de maïs -, rigolent de mon malheur en salivant leurs injonctions. « Cosse toujours, tu m’intéresses ! », j’hurle comme un loup, en rampant sur la devanture des robes. Mais je ne suis qu’un mouton qu’on empêche de brouter à sa guise, enfermé entre des réductions sur les yaourts et des murs aussi grands que leur indifférence. « Mais où es-tu, toi que j’aime, ma divine promise ? », je m’égosille, en lançant sur des retraités podagres ces D’Aucy qui ne font qu’un avec Dujardin. Chacun de leurs pleurs me fige davantage devant mon désarroi, et je leur supplie le silence. « Taisez-vous, taisez-vous, taisez-vous, petits pois insolents », j’impose, je gémis, plus fort encore que les vieillards en sang, en multipliant les coups des pieds, les côtes fêlées et les braguettes désagrégées, puis je vais prendre de la margarine, du pain et de la moutarde, car il est déjà 18 heures 50 et je meurs de faim, avec toutes ces émotions.

99 francs

De Jan Kounen
Avec un caddie, des petits pois d’Aucy et des cadavres de grabataires
Durée : la vie entière
Note : ananas-copie-2.jpg

18.09.2007

L'arroseur arrosé

De retour du Cantal, je vous ramène un chef-d’œuvre du 7ème art : l’Arroseur arrosé.
Myblack vous présentera l'histoire de son auteur demain, mais je me devais d'afficher le film sur mon Blog.
L’arroseur Arrosé, de Jean-Louis Yaourt :

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